Segun Damisa n’est plus. Emporté en juillet dernier par la maladie, ce percussionniste, combattant de l’afrobeat élevé dans le giron musical du Black President, qu’il accompagna avant de rejoindre le Roi Sunny Adé ou de retrouver plus tard le prince Femi, laisse derrière lui un album enregistré avec son dernier groupe dans les environs de Bordeaux, où il vivait depuis quelques années. En s’ouvrant sur Gari Good, un titre qui lorgne du côté de la rumba zaïroise, Nigeria Dey Cry donne le ton d’un afro-beat métis qui n’hésite pas non plus sur d’autres titres, à faire des œillades au jazz ou aux rhythm & blues. Combatifs et engagés, les textes de Segun savaient l’être, comme cette chanson sur le SIDA où pointe un solo de sax signé Manu Dibango.